L’émolument réglementé d’un testament authentique s’élève à 113,19 euros hors taxes, soit 135,83 euros TTC. Ce montant, fixé par l’article A. 444-60 du Code de commerce, ne couvre qu’une partie de la facture finale. Plusieurs postes annexes viennent s’y greffer, et leur poids varie selon la forme de testament choisie et les prestations demandées au notaire.
Émolument réglementé et prestations hors barème : la distinction technique
Le tarif de 113,19 euros HT correspond à la rédaction de l’acte authentique lui-même. Il s’agit d’un émolument fixe, identique dans toutes les études notariales du territoire. Ce prix ne constitue pas un forfait global.
En dehors de cet émolument, le notaire peut facturer des prestations complémentaires relevant des honoraires libres. Un conseil patrimonial approfondi, l’analyse d’une situation familiale recomposée ou la rédaction de clauses complexes (legs sous condition, démembrement, charges spécifiques) génèrent des honoraires qui ne figurent pas dans le barème réglementé. Ces honoraires doivent faire l’objet d’une convention signée avant la prestation.
Pour bien distinguer les frais d’ouverture d’un testament notarié de ceux liés au règlement successoral, il faut retenir que la totalité des coûts de rédaction et de dépôt intervient du vivant du testateur. Les frais de succession relèvent d’une étape ultérieure, après le décès.
Inscription au FCDDV et conservation : deux postes distincts souvent confondus

Le dépôt du testament chez un notaire assure sa conservation matérielle dans les minutes de l’étude. L’inscription au Fichier central des dispositions de dernières volontés (FCDDV) remplit une fonction différente : elle signale l’existence du document lors du règlement de la succession, permettant à tout notaire chargé de la liquidation de le retrouver.
Ces deux opérations font l’objet de frais séparés. L’inscription au FCDDV entraîne un coût propre, facturé au testateur ou intégré aux formalités post-rédaction. Pour un testament olographe déposé chez un notaire, l’inscription peut générer des frais supplémentaires par rapport à la simple garde du document.
Un testament conservé à domicile, même parfaitement rédigé, risque de ne jamais être retrouvé. Le FCDDV ne stocke pas le contenu du testament : il enregistre uniquement son existence et le nom du notaire dépositaire. Informer une personne de confiance du lieu de conservation reste une précaution complémentaire recommandée par le site officiel Service-public.fr.
Testament olographe déposé chez un notaire : coût réel par rapport au testament authentique
Le testament olographe ne coûte rien à rédiger puisque le testateur l’écrit lui-même. Son dépôt ultérieur chez un notaire, en revanche, engendre des frais de garde et d’inscription au FCDDV. Après le décès, un procès-verbal d’ouverture et de description est obligatoire : ce poste constitue un émolument réglementé distinct de celui du testament authentique.
Le dépôt et le procès-verbal d’ouverture sont deux actes facturés à des moments différents : le premier du vivant du testateur, le second après son décès. Le fait qu’ils figurent dans le même tableau tarifaire ne signifie pas qu’ils sont réglés simultanément.
Pour un testament olographe, les exigences de forme restent strictes :
- Le document doit être écrit entièrement à la main par le testateur, de bout en bout, sans recours à un traitement de texte ou à une machine à écrire.
- La date complète (jour, mois, année) doit figurer de la main du testateur, sans quoi le document est nul.
- La signature manuscrite du testateur clôt le document. Un paraphe seul ne suffit pas.
Un testament tapé à l’ordinateur puis signé ne remplit pas ces conditions et sera écarté. Cette exigence formelle pousse certains testateurs vers le testament authentique pour sécuriser la validité de leurs dispositions.
Quand le testament authentique s’impose sur le plan patrimonial
Le surcoût du testament authentique par rapport à un olographe déposé se justifie dans plusieurs configurations précises. Le notaire rédige l’acte sous la dictée du testateur, en présence de deux témoins ou d’un second notaire, ce qui réduit considérablement le risque de contestation.
Le testament authentique est particulièrement pertinent dans les situations complexes :
- Famille recomposée avec enfants de lits différents, où la répartition entre héritiers réservataires et légataires exige une rédaction rigoureuse.
- Testateur présentant une fragilité physique (difficulté à écrire) ou dont la capacité mentale pourrait être discutée ultérieurement par des héritiers.
- Legs à une association ou une fondation, qui nécessite des mentions spécifiques pour être exécutable.
- Désignation d’un exécuteur testamentaire avec des pouvoirs étendus, dont le périmètre doit être défini avec précision.

Dans ces cas, le coût de l’émolument réglementé et des éventuels honoraires de conseil représente un investissement modéré comparé au risque d’annulation d’un testament olographe mal rédigé. Nous constatons que les contentieux successoraux liés à des vices de forme sur des testaments olographes restent fréquents devant les juridictions civiles.
Testament mystique : une forme marginale avec des frais spécifiques
Le testament mystique, peu utilisé en pratique, combine rédaction privée et remise sous enveloppe cachetée au notaire en présence de témoins. Son coût inclut un émolument de dépôt distinct de celui du testament authentique, auquel s’ajoutent les frais d’inscription au FCDDV.
Cette forme n’offre pas la sécurité rédactionnelle du testament authentique puisque le notaire ne prend pas connaissance du contenu. Elle conserve un intérêt pour les testateurs souhaitant un secret absolu sur leurs dispositions tout en bénéficiant d’un cadre notarié pour la conservation.
Le choix entre les trois formes de testament se résume à un arbitrage entre coût, sécurité juridique et confidentialité. L’émolument de 135,83 euros TTC pour un testament authentique reste le prix plancher, auquel chaque testateur ajoute les prestations correspondant à la complexité de sa situation patrimoniale. Vérifier le détail des postes facturés avant de signer la convention d’honoraires reste la seule méthode fiable pour maîtriser la note finale.



